Histoire de l’art / Jean NAYROLLES

 

Mercredi 27/01/27 : L’idole-cinéma. Réflexions sur l’essence religieuse du septième art

 

Autour de l’invention de la photographie, dans les années 1830, régnait un parfum de science — non tant, du reste, pour ce qu’il fallut de chimie et d’optique dans le nouveau procédé que pour l’objectivation parfaite du monde que l’on en attendait. L’ambiance fut très différente en 1895 pour accueillir l’invention des frères Lumière : le parfum de science semble avoir fait place à un halo de spiritualité. La première attente face au cinématographe était qu’il permette bientôt aux chers disparus de venir se manifester parmi les vivants. Même s’il ne s’agissait pas, on s’en doute, de renouer avec le culte archaïque des ancêtres, un désir de transcendance s’est cristallisé autour de la nouvelle invention. Dans le scientisme et le positivisme triomphants de cette fin de xixe siècle, Thomas Edison lui-même, concurrent malheureux des Lumière dans la course au procédé technique de mise en mouvement des images, poursuivit ses investigations pour mettre au point une machine à communiquer avec les morts. Ce n’est là qu’une étape, certes importante puisque liminaire, qui tendit à sacraliser le cinéma. Au cours de son histoire, d’autres circonstances l’ont fait entrer en résonnance avec le religieux au point peut-être d’en faire une idole moderne. Nous essaierons de les mettre au jour à l’occasion de cette conférence.

 

Salle St Cyprien 18h30