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Les belles soirées de l’Université Populaire

Culture – Histoire – Découverte

Voudriez -vous en savoir un peu plus sur les origines de l’islam ? Est-ce que l’œuvre de Le Corbusier vous intrigue ? Que savez-vous vraiment sur notre croûte terrestre ? Autant de sujets passionnants que vous pourrez découvrir grâce à l’université populaire du Grand Toulouse. Celle-ci vous propose tout au long de l’année des conférences tout près de chez vous : à la maison de la Citoyenneté au métro Jean-Jaurès, à celle de Saint-Cyprien, ou des Minimes, à l’espace Diversité Laïcité, rue d’Aubuisson, à la Médiathèque de Bellefontaine ou au Quai des savoirs.

Les intervenants sont pour la plupart des enseignants et des chercheurs toulousains de très haut niveau (Pr José Braga, Pr Joseph Canerot, Pr Jérémie Pariente, Henri Del Pup, etc.) qui se font un plaisir de faire partager leurs connaissances et d’en discuter avec le public. Les conférences ont lieu à 18 h 30 et sont totalement gratuites. Au programme ce trimestre, philosophie, histoire, préhistoire, neuroscience ou anthropologie, de la maladie d’Alzheimer à la sédimentation marine en passant les combats des femmes dans la Grande guerre : pour retrouver le programme détaillé de ces rendez-vous, : : www.universitepopulairegrandtoulouse.fr.

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Bonjour! la rentrée est là et notre fête pour le nouveau programme et une conférence musicale se précise puisque nous vous donnons rendez vous :

Salle Osète espace Duranti, 6 rue du Lieutenant Colonel Pélissier

Le mardi 26 septembre 2017 à 18h30

Au programme :

18h30 : En présence des intervenants présentation des programmes

19h15 : Conférence par Michel BRUN  sur  Bernard-Aymable DUPUY

«  Maître de musique à St Sernin. Pendant plus de quarante années, il a traversé le XVIIIème siècle sans guère s’éloigner à plus d’une journée de cheval de Toulouse, sa ville natale. C’est là qu’a été donnée en 1733 l’une de ses rares œuvres profanes, l’opéra-ballet Le Triomphe des Arts. La partition, incomplète, dormait depuis à la bibliothèque du Patrimoine. La réhabiliter, l’éditer, en donner dans un premier temps quelques extraits puis la présenter intégralement sur scène, telle est l’aventure de cette renaissance – le plus remarquable sans doute étant que l’œuvre, outre son intérêt historique, s’avère être d’une qualité musicale exceptionnelle ».

   

Michel BRUN partage son activité entre la flûte traversière et la direction de l’orchestre baroque de Toulouse

 

Nous aurons le plaisir d’accueillir les membres du chœur de l’orchestre baroque pour illustrer cette conférence en musique.

Nous nous retrouverons à la fin de la Conférence autour d’un verre de l’amitié

Au plaisir de vous rencontrer !

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Dernière séance de Henri Del PUP : cycle « migrants et migrations »

Et maintenant ?

Les Européens face aux mouvements migratoires

Introduction :

Le monde d’aujourd’hui se caractérise par le « mouvement », la fluidité, les mutations. D’une société agraire, relativement stable, enracinée, on a évolué vers une société urbaine relativement mouvante.    Conséquences : les migrations ; Aussi : et maintenant ?

1: Retour sur un état des lieux.

            1.1 : quelques chiffres

  • « migrants » : 2016 : autour de 400 000 (387 739 !) contre environ 1 million en 2015 ; en fait de nombreux demandeurs d’asile accompagnés de « travailleurs-migrants »
    • venant de Grèce : 177 000 Syriens (46%), Afghans (24%), Irakiens (15%) etc.
    • venant d’Italie : 181 000 : Nigérians (21%), Érythréens (11,5%), Guinéens (7,5%) etc.
    • venant de Bulgarie (16 000) et d’Espagne (13 000), etc.
  • « travailleurs-migrants : 76 millions vers l’Europe dont 50/60 vers l’U.E (moins de 10% de la population de l’UE.
  • « apatrides » 12 000 vers l’U.E.

            Bref, modestie des chiffres mais drames humains que l’on croyait oubliés ou réservés à quelques coins du Monde éloignés de l’U.E.

            1.2 : les migrations et l’intergouvernemental

            L’U.E. reste un OCNI (Objet constitutionnel non identifié) organisé par

  • les Accords de Schengen (1985-1995), le Règlement de Dublin (2011/2013 qui remplace la Convention de Dublin 1990) et le Régime d’Asile européen commun (2011) et aussi ;
  • Frontex (2004 modifié 2016)
  • Europol (1999)

            En fait, les États restent largement souverains et entendent imposer leurs décisions nationales, quitte à dévoyer les termes des accords et conventions signées (cf Schengen)

            1.3 : Conséquences

            Inapplications des décisions prises dans le cadre du Plan de Relocalisation des Migrants. En 2015, 160 000 personnes admises au bénéfice du Plan (sur 400 000) et au final autour de 6 500 effectivement relocalisés (4 500 depuis la Grèce, 2000 depuis l’Italie). C’est que :

  • pour les « migrants » : les retours « volontaires » 85 000 (2016) contre 70 000 (2015) motivés par le découragement, la fatigue ou la peur (V. Orban, G. Widers, M. Le Pen,)
  • pour les États et les citoyens : indifférence, défiance, rejet  (« populisme » à base de xénophobie et de racisme) ; durcissement des conditions d’accès (cf le Danemark)
  • pour l’ U.E : « solidarité flexible » qui signifie :
    • refus d’accueil par l’Autriche, le Danemark, la Hongrie, la Pologne ;
    • accueil réservé à ceux/celles venant de Grèce : Bulgarie, Estonie, Lituanie, Irlande, Slovaquie ;
    • accueil réservé à ceux/celles venant d’Italie : Suède.

2: Quel avenir ?

            2.1 : données conjoncturelles : répondre à une situation de crise à solution rapide quand elle a la forme

  • de la guerre
    • Al Quaïda (créé en 1988 sur le déclin dès 2011) et de ses « succursales »
      • Aqmi : Sud algérien, Nord Mali, Niger occidental, Mauritanie orient.
      • Boko Haram : Nigeria
    • DAECH (2006 Mésopotamie) décline sous l’effet de la baisse du prix des hydrocarbures et de la contraction des zones d’influence.
  • des crises alimentaires qui voient l’intervention efficace des ONG spécialisées

            2.2 : données structurelles : tenter de résoudre une donnée de fond qui exige temps et volonté :

  • Proche/Moyen Orient : 1947 « Nakba » : 3,6 millions de réfugiés dont 1/3 dans des camps ; attitude des USA ;
  • Le mal-développement : Afrique, Asie (Inde) : néocolonialisme et rôle des USA qui cherche à favoriser systématiquement ses entreprises sous couleur de défendre le « monde libre »

            2.3 : de grandes questions pendantes

  • la religion dans la Société ;
  • l’économie et le développement ;
  • le libertarisme en politique.

3 : que faire ? L’éternelle question au cœur du débat entre les citoyens

            3.1 : complexité de la question en raison de contradictions fondamentales :

  • tradition d’accueil (cf. Odyssée, Eschyle des Suppliantes, Christianisme, etc;) vs l’aspiration à vivre « chez soi » et « entre soi » ;
  • l’interdépendance du monde (« mondialisation ») et le nationalisme et sa volonté de repli sur son territoire (Brexit, America first)

            3.2 : recevoir et expliquer : les Européens depuis le XVI°S. (voire avant avec les Croisades) ont cherché hors d’Europe la solution à leurs crises provoquées leurs mutations économiques et sociales ; leurs guerres ; leur incapacité à satisfaire les besoins fondamentaux de leurs population. Ce n’est qu’en « renvoi d’ascenseur ». Pour autant, la complexité reste :

  • versants natifs :
    • politique d’asile vs politiques des étrangers : les « quotas » ;
    • revoir Dublin ;
    • applique intégralement les accords et conventions existantes.
  • versants « migrants » :
    • le droit d’asile vs le droit de séjour permanent ;
    • la question de la violence terroriste ;
    • la question de la pratique démocratique.

            3.3 : Réformer :

  • en faisant de l’ U.E un véritable Etat doté de frontières, gardés par des forces européennes obéissant à un gouvernement élu et responsable
  • en développant la traduction des grandes œuvres littéraires ( véritable hospitalité langagière Paul Ricoeur) avant de restaurer une lingua franca commune à chacun et propriété de tous (comme le latin!)
  • en instaurant une « hospitalité civique » qui exprime un nouveau Projet de Paix perpétuelle (pour renouveler le texte de E. Kant) appuyé sur l’assentiment de chacun, l’expérience des réseaux associatifs et en prise avec une des plus vieilles traditions de l’Humanité : respecter l’Étranger.

Conclusion : les frontières, nécessaires en l’état actuel, ne peuvent devenir des murs au pied desquels meurt l’Etranger. L’unité de l’Humanité l’emporte sur les différences des humains. L’identité se dit au pluriel. La démocratie, par le débat, la controverse permet la rencontre, annihile les peurs, nourrit la confiance et permet de pense à un avenir commun.

 

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Lundi 27/02 rue d’Aubuisson a eu lieu une très belle conférence par Pierrette SOULA: « Femmes et arts »

« De muses ou modèles, les femmes sont devenues des artistes lorsque les portes des institutions se sont ouvertes à elles et cela seulement au début du 20éme siècle.

Elles ont pu, enfin, avoir le même parcours que les hommes, même si leur reconnaissance n’est pas toujours au bout du chemin. »

Prochaine séance rue d’Aubuisson : « Femmes et engagement politique »  Lundi 27/03 à 18H30

 

 

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Mardi 14 /02 c’était la dernière conférence pour cette année de José BRAGA. Il nous a parlé d’une « exploration en Afrique du Sud ».

Nombreux étaient les fidèles passionnés par ce cycle !

En attendant la suite à la rentrée prochaine,  allez dans le site:

http://www.kromdraai-origins.org/

 

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La France une « terre d’asile » ? Dernière séance d’Henri DEL PUP: Histoire des migrations en France XIX°S/XX°S

La crispation identitaire, depuis une trentaine d’années, s’est cristallisée sur la question de l’immigration. 70% des Français pensent qu’il y a trop d’étrangers en France, 62% d’entre eux disent ne plus se sentir chez eux comme avant et 46% estiment qu’il faut réduire le nombre d’immigrés pour réduire le chômage.Dès lors, la France peut-elle être encore une « terre d’asile » ? L’a-t-elle été un jour? Les relations contrastée de la France avec ses étrangers débute avec la période 1789-1815 qui introduit une rupture dont un des aspects tient dans l’arrivée de 5,3 millions de migrants. La spécificité française en matière migratoire a des explications multiples. Pour les réfugiés, les principes posées par la Révolution puis inscrites dans les diverses constitutions ont séduit. Mais, les effectifs d’immigrés les plus importants relèvent des nécessités économiques. Conséquences des guerres, de comportements démographiques singuliers dans l’Europe d’alors et d’une structure socio-économique privilégiant le petit propriétaire, le pays manque de main d’œuvre pour répondre aux besoins des diverses « révolutions » industrielles. Dans l’Entre-deux-guerres, on estime le déficit à 1,3/1,5 millions d’ouvrier(e)s, que l’État et le Patronat s’efforcent de trouver hors du pays.L’État français de Phi. Pétain suspend le mouvement. En 1945, la Reconstruction passe aussi par un Office national d’Immigration (O.N.I.). La CECA veille aux mineurs et aux sidérurgistes des Six. L’essor économique des années 60 permet l’accueil massif de travailleurs européens. Pour autant, la présence d’étrangers ne va pas de soi, en témoignent les Belges et les Italiens. Jusqu’au début du XX° S., un migrant sur deux vient de Belgique. L‘ouvrier belge a la réputation de sérieux, de dur à la tache pour de maigres salaires. Aussi, à l’occasion d’une crise, devient il le bouc émissaire des difficultés présentes. Déjà en 1819 un mouvement « anti-belge » éclate à Roubaix. Une des émeutes à Lens et à Liévin en 1892 donne le ton : passivité de la police et des autorités locales, violations de domicile, bris de portes, fenêtres et mobilier, tapage nocturne. Des Français en bandes armés de bâtons, de pierres et de fourches poursuivent des Belges, menaçants. Un millier d’entre eux fuient en Belgique, provisoirement.

            Derrière l’hostilité perce la Grande Dépression : les salaires stagnent, l’agriculteur subit un recul de ses prix. Artisans, commerçants et industriels peinent à trouver des marchés. Et le Belge accepte de travailler à moindre salaire et pour plus longtemps que le Français qui l’accuse d’être un « jaune ». On peut encore y voir une conséquence d’un désarroi croissant du citoyen déçu par la République « opportuniste » et ses scandales : l’amélioration des conditions de vie se fait attendre !

  En ces temps de cristallisation du nationalisme, le glissement progressif, mais bien réel des travailleurs saisonniers rencontre une opposition croissante de la part des natifs. Surtout quand cet étranger finit par se fixer et prendre un emploi qu’il entend conserver. Il s’attire le reproche d’être un « immigré » (le mot apparaît en 1889) à savoir  un profiteur et un privilégié. Il suscite le rejet. La situation des Italiens rappelle celles des Belges. Entre 1876-1914 estimés entre 1,6 et 1,7 millions, saisonniers, ils offrent une main d’œuvre docile et bon marché à l’agriculture, au bâtiment et aux travaux publics. Leurs conditions de vie s’apparentent à de la traite. Parmi les victimes, outre les jeunes ouvrières de la soierie lyonnaise, des garçons de onze à quatorze ans employés dans les verreries. « Loués » par les parents, ils triment dix heures par jour dans des conditions inhumaines. Là aussi les réactions de rejet prennent la forme de violences verbales et physiques. Parfois, elles dégénèrent en assassinat d’une trentaine de Transalpins entre 1881 et 1893, surtout dans le Midi. La tragédie d’Aigues-Mortes dit cette xénophobie. Les Salins du Midi exploitent une main d’œuvre mixte composée de Français et d’Italiens  mis en concurrence pour peser sur le salaire. En 1893, une rixe éclate. Des Français pourchassent des Italiens dans Aigues-Mortes et la campagne : officiellement huit morts, mais cinquante pour les journalistes étrangers. L’Italie faisant partie de la Triple-Alliance, le nationalisme expliquerait les manifestations chauvines avec la crise économique.  Ces cas montrent que la proximité tant géographique que culturelle ne facilite pas plus l’intégration que l’assimilation des étrangers. Dès 1890, l’extrême droite (L’Action française) développe une rhétorique contre les métèques, les indésirables et les étrangers plus ou moins naturalisés. Aujourd’hui, les vieux démons xénophobes s’expriment à nouveau, en dépit d’un double paradoxe. 1/3 à ¼ de Français ont dans leur proche généalogie un parent, venu d’ailleurs, qui a vécu la discrimination et la stigmatisation tandis que 45% d’entre eux ont passé leurs congés hors de France. Sauf que la France « ne se voit pas comme un pays de métissage » et a voulu tourner une page après la guerre d’Algérie et n’a jamais revendiqué cette histoire partagée. Cette réticence peut aussi relever du choix de l’intégration, qui vise à « gommer les traces des origines ».

Aussi les stéréotypes perdurent. les immigrés sont des assistés, des privilégiés. Délinquants, ils peuplent les prisons et alimentent l’insécurité. Leurs mœurs, leur religion et leur culture les rendent inassimilables. Or, parmi les immigrés entrés en France en 2012, la moitié vient d’Europe et 1/3 d’un pays africain. Les 2/3 ont un diplôme de niveau baccalauréat. Mais, la France « terre d’asile » vise pourtant à la migration « zéro » inaugurant une évolution des lois sur la nationalité.

            La Constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) fonde la législation actuelle en stipulant que la nationalité française s’obtient par la résidence. Mais une Française épousant un étranger prend la nationalité de son mari. Cependant un étranger résident ou admis à domicile a l’égalité des droits civils. La loi du 7 février 1851 renforce ce droit du sol primant celui du sang.

            La loi du 26 juin 1889 fait de l’enfant né en France d’un étranger un Français. Avant sa majorité, les parents peuvent solliciter la naturalisation par une déclaration souscrite auprès d’un juge de paix. La loi militaire du 15 juillet 1889 qui les inscrit sur les listes du recrutement leur attribue de fait la nationalité. Enfin, un décret du 2 octobre 1889 obligeant à déclarer la résidence prépare l’assimilation ultérieure. Loi du 10 août 1927 réduit la durée de résidence à 3 ans. Une Française conserve sa nationalité en dépit du mariage. Mais des articles, créent la déchéance de nationalité pour des actes contraires à la sûreté de l’État, la trahison et la désertion. En 1938, un décret étend la déchéance aux naturalisés ayant commis un crime ou un délit avec une peine de prison supérieure à un an. Cette automaticité de fait introduit des débats. Les lois de 1889 créent l’immigré  accusé de refuser la défense nationale (les Belges), ou d’être des ennemis infiltrés (les Italiens, de la Triplice). Le décret du 2 avril 1917, instaurant une carte de séjour pour les étrangers de plus de 15 ans aboutit à une surveillance accrue et à une suspicion durable. Le retour de réfugiés politiques, après 1918 ajoute la catégorie nouvelle d’apatride encore plus contrôlé. A la fin des années Trente, les étrangers ont figures d’ennemis de l’intérieur. Les Polonais se retrouvent dans des “petites Pologne”. Les Italiens voient tout autant leurs activités et associations étroitement surveillées. L’ordonnance du 2 novembre 1945 donne à l’État le monopole de l’introduction de la main-d’œuvre étrangère et fait de l’Office national d’immigration (O.N..I.), l’instrument unique de la politique d’immigration. L’immigré (re)devient exclusivement un producteur ce qui légitime désormais sa présence. Aussi, rien ne l’autorise à se sédentariser ou à s’intégrer.

            Les textes sur l’arrêt de l’immigration de travail remettent tout en cause. L’automaticité dans l’octroi de la nationalité française, de plus en plus contestée, à partir du milieu des années 1980, donne lieu à des propositions de réforme du Code de la nationalité qui conduisent à la loi du 24 juillet 2006, à la loi du 16 juin 2011 et aux lois du 28 décembre et 7 mars 2016. Ainsi, la France a une histoire compliquée avec « ses » étrangers. Belges, Italiens, Polonais, hier Maghrébins, Africains aujourd’hui peinent à s’assimiler et même à s’intégrer. Le schéma dure. L’étranger a la figure de celui qui vient manger le pain des Français, qui refuse les charges et par sa culture conteste la France et ses valeurs. Au fil des générations et de l’arrivée de nouveaux étrangers ils sont/se naturalisent. Avec des passages facilités ou retardés par les évolutions du Code de la nationalité.

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Le lundi 16/01/2017 pour notre plaisir et celui des auditeurs nous avons reçu le Dr Gérard PIRLOT Psychiatre, Psychanalyste et Professeur à la faculté Jean Jaurès,  qui nous a parlé du  « Mal être adolescent », sujet qui a suscité beaucoup de questions de la part d’un public très intéressé.

En attendant la prochaine intervention de Gérard PIRLOT, voici les livres que vous pouvez vous procurer en librairie.

— Gérard Pirlot, Violences et souffrances à l’adolescence,  PAris, L’Harmattan, 2001

— Gérard Pirlot  Déserts intérieurs : Le vide négatif dans la psychopathologie contemporaine, Toulouse, Eres, 2009

 

 

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Résumé de la dernière séance  avec Henri DEL PUP: Migrations et Migrants. Rendez vous pour le suite le Mardi 24/01

rue d’Aubuisson à 18H30.

Migrant : que viens-tu faire chez nous ?Histoire des représentations et des réceptions des migrants XIX°S.-XX°S.

(résumé conférence n°3)

« Depuis le milieu des années 70, les migrants deviennent de plus en plus présents dans l’espace médiatique et dans les débats politiques. Tous interrogent la légitimité de leur existence et entendent mettre en place un contrôle plus strict des flux migratoires. Au cours des décennies 80 et 90 l’Europe devient un continent d’immigration dont chaque pays a « ses » étrangers, conséquences des colonisations, des aires culturelles, des traditions géopolitiques et des réseaux Dès lors, comment les États répondent-ils à cette situation et aux questions de leurs citoyens ? Un retour historique montre que les États élaborent des politiques migratoires dont les modalités fluctuent dans le temps. Mais toutes ont reposé et reposent, sur un postulat : l’immigration est un privilège consenti et non un droit naturel. En Europe et aux États-Unis, jusqu’à la 1ère Guerre Mondiale, règne un libéralisme prolongement des usages anciens. Les années 20 et 30 modifient cette situation avec la crise de reconversion des industries de guerre puis la Grande Dépression des années 30. Elles ont fait du migrant un concurrent sur le marché de l’emploi et/ou un équivoque syndicaliste révolutionnaire. La crise du parlementarisme voit dans l’étranger un élément d’une « 5ème colonne » prête à renverser les institutions, à pervertir la société et à imposer sa politique. Les États-Unis introduisent une politique de quotas dès 1921, renforcée en 1924, qui visent essentiellement les Italiens et les Slaves jugés difficiles à assimiler. L’après Seconde Guerre mondiale, ne modifie rien. La loi de 1965 maintient les plafonds. Depuis 2005/2006, les États-Unis militarisent un peu plus leur frontière avec le Mexique. La France suit d’abord une voie différente : l’immigration reste encouragée. Toutefois, suite de la Crise américaine de 1929, on assiste à des restrictions en 1932 puis en 1935. Des trains spéciaux rapatrient de milliers de Polonais. En 1940, Vichy prévoit le groupement des étrangers jugés en surnombre dans l’économique nationale dans des camps d’internement après avoir annulé 15 000 naturalisations et révisé celles obtenues depuis 1927. Mais en 1945, un Office national d’Immigration (O.N.I.) reprend l’essentiel des dispositions des années Vingt. La CECA facilite le placement des mineurs et des sidérurgistes au sein des Six. L’essor  économique des années 60 permet l’accueil massif d’Espagnols, de Portugais aux côtés des Italiens. Le retour de la crise à partir de 1974 ramènent les mesures restrictives. La migration irrégulière devient le prétexte à des pratiques discriminatoires. Les exemples américain et français donnent une idée de l’ambivalence qui préside aux représentations de l’étranger. Dans un immigration d’abord de main d’œuvre, les employeurs poussent à une législation libérale. Mais les travailleurs locaux, tant francais qu’américains penchent pour une restriction de l’offre étrangère concurrente vue comme menace sur les salaires. Une autre image ambivalente renvoie à l’ordre politico-culturel : quel type de nation voulons nous ? les États-Unis Unis divergent, entre des conservateurs insistant, selon les époques, sur l’importance de la cohésion nationale, de la pureté raciale, des valeurs anglo-saxonnes, de la suprématie « nordique » et de la préservation de la langue, et des libéraux claironnant les vertus de l’hybridation (Melting Pot), du pluralisme, du multiculturalisme, de la diversité et de l’humanitarisme. En France, le débat, récent, porte sur la pertinence de l’assimilation, sur les moyens de l’intégration.Un autre clivage apparaît lié à l’importance financière du migrant à travers les transferts monétaires qu’il opère. Eux se voient en agents du développement là où d’autres jugent leurs transferts appauvrissement de l’État, privation de ressources pour financer les services publics. Des responsables politiques s’interrogent. L’État-nation paraît être mis en échec par la mondialisation des flux et la remise en cause des frontières : ce que dit la présence de sans-papiers. L’ordre international, à base d’États-nations souverains, semble bousculé par les réseaux multinationaux des migrants. Les diasporas prétendent faire évoluer le droit international, avec un droit de migrer, appuyées par des Organisations qui développent un droit des minorités. Les migrants, habitants d’un espace transnational, interrogent une citoyenneté qui échappe à la nationalité. Si les réfugiés et apatrides passent pour des anomalies à l’ordre interétatique, des minorités, tels les Turcs en Allemagne disent un possible nouvel ordre civique. ¾ des Turcs émigrés vivent en Allemagne : 3 millions de personnes dont 1/3 d’entre eux a la nationalité allemande et 60 000 dirigent des entreprises employant quelques 360 000 salariés dont 1/3 d’Allemands « de souche ». Les liens germano-turcs remontent à Guillaume II (1888). Par un Accord pour inciter les travailleurs turcs à venir travailler en R.F.A. datant de 1961, les Turcs ont le statut de travailleurs invités. On peut préjuger une réussite de leur intégration. Une enquête de 2015 montre que Turcs et Allemands ne se comprennent pas. Ils ont une perception contrastée de l’Islam, de la démocratie libérale et de la citoyenneté. 13% des personnes interrogées seraient des « fondamentalistes religieux » soit environ 400.000 personnes dont beaucoup estime que la violence est un moyen acceptable de propagation de l’islam. Divergence que montre l’échange entre le Président Erdogan (l’assimilation. Personne n’a le droit de vous imposer ça (…)Vous n’êtes pas ici de passage (…) les 5 millions de Turcs qui vivent en Europe ne sont pas des invités, mais une part constituante de la société européenne) et la Chancelière Merkel : qui possède la nationalité allemande est un citoyen sans réserve dont la loyauté s’exerce à l’égard de l’État allemand. Ces divergences renvoient à la construction de l’identité chez les migrants turcs. Souvent assignés à la culture et à la religion de leur pays d’origine, ils deviennent anhistoriques et réifiés. Or les Turcs, issus de tribus diverses (chamanistes, nestoriennes, manichéennes) installées en Anatolie mais identiques sociologiquement, mettent en interdépendance l’économique, le militaire et la parenté, loin du seul repérage dans l’univers coranique. Les discours turcs donnent à la parenté et à la structure familiale une grande importance. Ceux-ci séparent les sexes et hiérarchisent les relations internes donc diffèrent de la société égalitaire et du mélange des sexes de l’Allemagne et des Occidentaux vus comme des faibles et des égoïstes tentant de déstructurer la famille turque pour mieux asseoir leur domination et protéger leur privilèges. La résistance trouve des appuis dans l’héroïsation des Anciens Turcs, dans l’islam et dans le kémalisme. Aussi l’acceptation du modèle démocratique libéral devient difficile, et explique grandement l’incompréhension. Ce schéma de méconnaissance basé sur des représentations attribuées existent aussi entre migrants eux-mêmes, comme le montre les événements de Ceuta et Melilla (août – octobre 2005) qui ont fait l’objet d’une importante couverture par la presse marocaine. A priori, en raison de l’importance de Marocains à l’étranger (4 millions selon la Fondation Hassan II), on pouvait faire l’hypothèse d’une perception empathique. La lecture de la presse donne une image différente : les tentatives de passage en groupes effectués par les migrants deviennent des invasions qui ont l’allure de stratégies militaires ; les migrants subsahariens ( des Noirs) deviennent des menaces. On les soupçonne d’être instrumentés par des puissances étrangères : Rabat dénonce la manipulation des migrants clandestins par l’Algérie et le Polisario. Conclusion : le pas de Noirs chez nous justifie les opérations policières, le blocage des approvisionnements en eau et en nourriture et le refoulement dans le désert après la destruction des camps.

Ainsi, le migrant fait l’objet de politiques qui évoluent dans le temps et selon les régions. Vu comme main d’œuvre, il rencontre les préventions des natifs inquiet pour leur niveau de vie. Le Gouvernant agit au gré des conjonctures, des besoins supposés de l’économie et des jugements quant à son intégration. Les représentations jouent un rôle important, tant chez le natif que chez le migrant, qu’entre migrants eux-mêmes. Il y a toujours quelqu’un de plus méprisable que soit ! »

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Toute l’équipe de l’Université Populaire du Grand Toulouse vous souhaite une belle année 2017.  Nous nous efforcerons de vous apporter de nouveaux thèmes, portés par nos intervenants toujours heureux de vous transmettre savoirs et réflexions. 

A très bientôt, sans oublier le plaisir de vous revoir.

 

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En souvenir de la dernière séance  « Féminisme » avec Irène CORRADIN:

 

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Littérature Mardi 13/12 par Benoît SEVERAC:

Une belle soirée

Le genre noir, inventé aux USA dans les années 1920 par des auteurs tels que Dashiell Hammett, puise, selon Benoît Séverac, ses racines dans le réalisme social des auteurs du 19e siècle français (Zola, Hugo…)

Dans une première partie, Benoît Séverac a défini l’essence du roman noir : s’intéresser non plus seulement à qui a commis le crime, mais pourquoi le crime a été commis. Question au cœur du débat entre déterminisme social et libre arbitre.

A la différence du Thriller ou du roman policier classique, le roman noir trouve dans l’enquête policière un prétexte à l’étude d’un contexte social, dont il fait le véritable propos du récit.

Benoît Séverac a ensuite essayé d’énumérer les raisons qui expliquent qu’un auteur se tourne vers le genre noir, décrivant le faisceau d’influences qui le traversent quand il écrit : la littérature, le cinéma, la peinture, la photographie…

Dans une troisième partie, il a abordé la question du héros de roman noir, souvent cabossé par la vie, qui, parce qu’il a dépassé le stade du jugement et de la morale qu’il réfute, fait un parfait témoin de son temps et de ses contemporains.

Le roman noir est un roman d’enquête qui vise à faire éclater la vérité sur les forces à l’œuvre contre les humains. Il agit là où le journalisme ne peut pas agir, la fiction prenant le relai du réel.

 

Quelques références:

  • Dan Brown -Joe Nesbo –  Michael  Connelly –  Maxime  Chatham –  Bernard  Minier  –  Caryl  Ferey –  Agatha Christie –  Chesterton Maurice Leblanc  – SS Van Dine – Marcel Duhamel  – Jacques Prévert  –  Donald Westlake –  Dashiell Hammett  – Raymond Chandler –  David Goodis Fred Vargas –  Gustave Flaubert  – Guy de Maupassant – Emile Zola  – Victor Hugo –  Alvaro Mutis –  Hans Fallada Stephen  – Dobyns William Golding James  – Lee Burke –  Denis Lehane  – Jean-Patrick Manchette  – Didier Daeninckx  – Dominique Manotti  – Maurice G. Dantec  – Malcom Lowry  – Jean-Bernard Pouy  – Patrick K. Dewdney – Anne Bourrel  – Marie Vindy  – Maïté Bernard –  Marcus Malte

 

 

 

MIGRANTS et MIGRATIONS. Résumé 2 par Henri Del Pup

Migrant : depuis quand es-tu en route ?

Histoire des migrations humaines

 Le terme de « migrants », couvrant des situations variées voire antagonistes, réfère surtout aux déplacements internationaux.

            Il n’en a pas toujours été ainsi. Les constructions politiques renvoyaient d’abord à des allégeances à un chef de guerre, guide spirituel, juge suprême… Dans ce contexte, dominer des hommes a plus d’importance que maîtriser des territoires.

            Mais si la migration devient un déplacement sur des territoires plus ou moins lointains, sans esprit de retour, elle remonte loin dans le passé. On peut même considérer qu’elle caractérise « l’aventure humaine ».

            Dès lors, on peut examiner:

1: quand la migration s’apparente à un phénomène « naturel »

 Certains voient le plus vieil ancêtre de l’humanité dans le Ramapithèque, il y a environ 10 millions d’années. Il vivait en Afrique. l’Australopithèque, 4,5 millions d’années, retenu encore comme notre ancêtre, se rencontrait aussi en Afrique. Avec Lucy, trouvée en Éthiopie et Abel, au Tchad, font de ce continent « le berceau de l’humanité ».

  L’ Homo Habilis, 2,3 millions d’années, serait le premier hominidé à quitter l’Afrique. Il pourrait donc être le « 1er migrant ». Homo Erectus puis L’Homo sapiens sapiens achèvent la « colonisation » de la Terre qui compterait alors 6 millions d’humains environ. Cette expansion se fait par migrations. Cette humanité nomadise. La maîtrise de l’agriculture et la sédentarisation qui l’accompagne ne mettent pas fin à cette situation. En Europe, des premiers villages du Jourdain, ce nouveau mode de vie progresse par des mouvements de populations. En France, elle passe à la fois par des pécheurs venus de Grèce, Italie, Espagne et par des Danubiens venus d’Europe centrale qui s’installent dans le Bassin parisien  La population humaine atteindrait alors les 80 millions d’individus. La Bible rapporte l’histoire des Hébreux sous Abraham, celle de tribus en mouvement depuis le sud de la Mésopotamie vers la Terre Promise. Homère a raconté les aventures des Achéens avec l’Iliade et l’Odyssée. Les Spartiates se disaient descendants de Doriens venus d’Anatolie. Ce que les historiens décrivent comme une « colonisation », montre la multiplication de cités grecques hors de Grèce en particulier vers le Bosphore et la Mer Noire, vers la Sicile et l’Italie du Sud et vers le fond du bassin occidental de la Méditerranée. En France, on doit à ce mouvement, la fondation de Massalia, de Nice, d’Antibes, d’Agde, etc.

            Tite-Live fait remonter le peuplement du Latium à des Troyens fuyant leur cité après sa conquête. Il dit aussi l’expansion des Celtes qui occupent durablement la plaine du Pô au point d’en faire une Gaule cisalpine, pendant d’une Gaule transalpine. On les retrouve au Proche-Orient où Paul de Tarse leur écrit ses Lettres aux Galates.

            Rome elle-même naît de migrants chassés par une crise tant sociale que politique. Les dettes agraires minent les institutions. La République cherche à restaurer sa légitimité soit en les abolissant soit en partageant une partie de l’ager publicus ou en fondant des « colonies ». On prête à Ancus Martius, 4ème des 7 rois légendaires de Rome (-641/616) la fondation d’Ostie prélude à la fondation d’une dizaine de cités, d’abord dans le Latium, puis dans toute l’Italie péninsulaire enfin partout où Rome impose son imperium. Les légions et les vétérans de l’armée romaine contribuent au mouvement. Ceux de la Xème Légion peuplent Narbonne (-118). Ils donnent naissance à Aix en Provence et à Toulouse, entre autres.

  Les déplacements de populations continuent tout au long du Moyen-âge voire des Temps modernes. Ils traduisent un double phénomène : l’un d’ordre géographique, l’Europe, péninsule occidentale de l’Eurasie, bute sur l’Océan atlantique, obstacle longtemps infranchissable. Des nomades d’Asie centrale provoquent les « grandes invasions » (« les dernières migrations » dans l’historiographie allemande). L’autre mobile des migrations s’explique par la persistance d’une agriculture largement extensive. Des Normands (= hommes du Nord : Danois, Norvégiens, etc.) s’installent durablement en Flandres, Bassin de Londres et Basse Seine au cours du X°S. (Rollon et le Traité de Saint Clair s/Epte, 911). A la génération suivante, ils occupent le Sud de l’Italie et la Sicile qu’ils érigent en royaume. Une génération encore, on les retrouve à la tête de la Principauté d’Antioche (1098). Dans une certaine mesure, les « grandes découvertes » du XVI°S. peuvent s’interpréter comme le prolongement d’habitudes anciennes : la faim de terres du paysan européen et la réponse à des problèmes politique et religieux : les minorités confessionnelles dans des États qui évoluent vers l’absolutisme. Le XIX°S. marque une rupture. Démographiquement, les Européens transitent d’une situation stable marquée par une forte natalité accompagnée d’une forte mortalité (la démographie d’Ancien Régime) vers une nouvelle situation stable caractérisée par une faible natalité et une faible mortalité (la démographie actuelle). Entre temps, la mortalité recule tandis que se maintient la natalité. Là réside la nouveauté. Les enfants qui naissent vivent. Ce qui se traduit par une forte augmentation de la population accentuée par un allongement de l’espérance de vie. L’Europe passe de 190 millions d’âmes vers 1800 (1/5ème de la population mondiale) à 420 millions vers 1900 (soit ¼). Ce phénomène inspire Thomas Malthus et prépare l’expansion massive des Européens outre-mer.

 Techniquement, la « révolution industrielle » donne une ampleur inconnue aux mouvements de populations. Le bateau à vapeur réduit les coûts et permet d’emporter encore plus de passagers à l’image du Great Eastern, ou du Titanic. Entre 1855 et 1890, 8 millions d’Européens débarquent aux États-Unis. Et à peu près autant entre cette date et la veille du 1er conflit mondial. Il le fait aussi plus vite : 26 jours en1879 mais 4 en 1911, sans les pertes à bord : entre 10 et 15%, vers 1850. Mais la Révolution industrielle voit aussi la paupérisation des artisans que la machine-outil transforme en simple force de travail, effaçant leur savoir faire. La révolte des canuts lyonnais dans les années 1830, en témoigne. la Révolution industrielle modifie non seulement les rapports de l’homme à son travail, le rendant plus pénible, mais aussi l’organisation de la production. Les villes s’imposent débordant en banlieues et faubourgs. Les campagnes se vident. L’exode rural dit une fuite de la  pauvreté plus qu’un appel de l’usine. Le déracinement et la désespérance vont avec la misère dénoncée avec l’alcoolisme et la prostitution. Il alimente l’émigration. l’État-nation, conjonction d’une notion d’ordre politique et juridique (l’État) et d’une notion d’ordre identitaire (la nation) entend réunir les populations autour d’une conscience nationale portée par l’école et le service militaire. Il invente un imaginaire national ambivalent fait de méfiance de l’Étranger (héritage grec) combiné à l’héritage romain, assimilationniste. In fine, cet État-nation tend à effacer les différences et à nier les minorités. En France, la Réaction parle bas-Breton (abbé Grégoire) et il faut tout refuser aux Juifs comme nation, et tout accorder aux Juifs comme individu (Clermont-Tonnerre, 1789). LAllemagne, référant à l’appartenance à une communauté historique, culturelle et linguistique, exclue les minorités. Le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes généralise cet État-nation. L’immigré et les minorités « nationales », en font les frais, restant un « hôte » du pays (l’Allemagne, jusqu’à une date très récente) soit il s’assimile : la France.

 Refuser ce diktat de l’État-nation revient à s’exiler. Mais il faut avoir « des papiers » : passeport ou carte d’identité. L’histoire du passeport montre une histoire du contrôle et de la méfiance qui accompagne l’affirmation des États-nations. C’est manifeste après la 1ère Guerre mondiale. La 2ème Guerre Mondiale amplifie le phénomène. La peur des infiltrations extérieures et de l’immigration massive des fuyards les violences servent à justifier une fermeture des frontières. L’annulation des passeports conduit à l’introduction du « passeport Nansen »[1] qui devait rester temporaire.

            Mais le provisoire dure.

Conclusions :

1: l’humanité se caractérise par le nomadisme : l’être humain bouge, va et vient. Et ce en dépit des frontières et des « papiers » réclamés par les États-nations, créations récentes.

2: Partir ne signifie pas choisir mais refuser de subir. Émigrer dit se révolter. L’acte reste douloureux parce qu’il notifie un rejet. Celui qui s’en va le fait contraint et obligé. Il sent ou « on » lui fait sentir qu’il n’a plus sa place chez lui. La curiosité de l’Ailleurs touche peu de migrants.

3: le « pain que mange l’immigré provient de son travail ». Il ne vole rien à personne. Bien au contraire, souvent il ne profite pas de tous les fruits de son travail, victime des législations et des usages locaux ; lésé par son ignorance (volontiers entretenu) de ses droits.

    Là le réel se heurte à l’imaginaire.

[1]Un document d’identification et de voyage pour les réfugié-e-s russes (1922). Les gouvernements pourraient délivrer le document sans accorder la citoyenneté aux «immigré-e-s». Plus de 50 gouvernements ont convenu de ses termes. Plus tard, le passeport Nansen a été élargi à des Assyrien-ne-s et d’autres minorités chrétiennes.

 

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A propos des Champignons…

Chères amies et chers amis ,

Nous regrettons une chose à l’UPGT: c’est de ne pas vous avoir dit de venir absolument, impérativement,  écouter Jean Paul Chaumeton   le Mardi 29

Novembre à la Maison de la Citoyenneté de  St Cyprien.

Il faut dire que le titre «  les champignons » était un peu vague, nous  renvoyant à ceux que l’on cueille, puis que l’on mange, certes avec plaisir même si un petit frisson d’appréhension nous gâche le repas.

Parce que les bougres, ils peuvent être mortels. Rien que ça !

Et puis les « macro mycètes » et le « saprophytisme » ne parlaient pas vraiment à nos oreilles d’ignorants.

Mais quelle surprise et quel bonheur !

On a découvert leurs noms compliqués et poétiques,  on a été émerveillé par leurs variétés, leurs couleurs, leur beauté, leur faculté de vie, de coopération, d’échanges avec les arbres, avec les branches et la nature toute entière.

Sans eux, tout bêtement le monde n’existerait pas.

 Le vendredi   20/01 même heure même lieu vous saurez tout ou presque sur la vie avec eux.

Prochaine séance  prometteuse et parions que vous ne résisterez pas!

 

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Les extraits musicaux de la dernière séance de « la musique sous toutes ses formes » avec Jean BARUTAUT

II

LA MUSIQUE VOCALE (LISTE DES EXTRAITS)

MUSIQUE RELIGIEUSE

 

LA MESSE :

Messe de Tournai (Sanctus)

Guillaume de MACHAUT : Messe Notre Dame

Guillaume DUFAYE : Messe de l’ « Homme armé »

Josquin DES PRES : Messe Pange lingua

Giovanni Pierluigi Da PALESTRINA : Messe du pape Marcel

Jean-Sébastien BACH : Messe en SI (Crucifixus)

Wolfgang-Amadeus MOZART : Messe du Couronnement (Gloria)

Gioacchino ROSSINI : Petite messe solennelle.

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LE REQUIEM :

Thème du DIES IRAE

Jacques BREL : La Mort

W.A. MOZART : Requiem (Dies Irae)

Giuseppe VERDI : Requiem (Dies Irae)

Anton DVORACK : Dies Irae)

 

CANTATE ET ORATORIO

J.S. BACH : Cantate BWV 214

Arnold SCHOENBERG : Ode à Napoléon

Georg-Friedrich HAENDEL : Le Messie (Alléluia)

J.S.BACH : Oratorio de Noël (le début)

 

LA PASSION :

J.S.BACH : Passion selon St Matthieu (chœur final)

 

LE CHORAL :

J.S.BACH : Cantate BWV 147 (Que ma Joie demeure)

MUSIQUE PROFANE

Troubadours, Trouvères, Minnesänger

Guillaume IX d’Aquitaine (Farai un vers de dreyt nien)

Moniot d’Arras : Ce fut en mai

Neidhart von Reuental : Meie din liechter schin

Claude DEBUSSY : Yver vous n’êtes qu’un vilain (Charles d’Orléans)

 

LIED et MELODIE

Franz SCHUBERT : Gretchen am Spinnrade (Marguerite au rouet)

Reynaldo HAHN : Si mes Vers avaient des ailes

Serguei RACHMANINOV : Vocalise

 

OPERA, OPERA COMIQUE, OPERA-BOUFFE, OPERETTE

Jacopo PERI : Eurydice

Jules MASSENET : Manon

Giovanni Battista PERGOLESI : La Servante maîtresse

Jacques OFFENBACH : La grande Duchesse de Gerolstein (Ah que j’aime les militaires)

Adam de LA HALLE : Le Jeu de Robin et Marion

HERVE : Mam’zelle Nitouche (le soldat de plomb)

  1. OFFENBACH : La belle Hélène (Marche des rois)

Franz LEHAR : Le Pays du sourire (Je t’ai donné mon cœur)

Henri CHRISTINÉ : Phiphi (Dans la Vie faut pas s’en faire)

Vincent YOUMANS : Non Nanette (Tea for twoo)

Francis LOIPEZ : « Mexico »

 

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Séance Féminisme du 07/11 avec Irène CORRADIN

« La traversée du XXème siècle ,conjointement par les courants féministes et les syndicats, s’est révélée riche en rapprochements entre ces deux formes de projets sociétaux, de militance et de luttes,même si les suspicions demeurent fortes de part et d’autre .
La première moitié du XXème siècle est marquée par une baisse constante et forte de l’emploi féminin salarié et par la pesanteur des mentalités concernant le droit au travail des femmes ,leur place et leur rôle, au travail et dans la famille.

La Libération ,en 1945,ouvre les chemins de la liberté,comme l’espère Simone de Beauvoir
Ce seront d’abord des changements silencieux au niveau des centrales syndicales, puis dans les années 70-8O, il y aura contamination des centrales syndicales,à l’intérieur( commissions femmes) et à l’extérieur (groupes femmes) par les nouveaux courants émergents d’un féminisme plus radical qui secoue par son humour,sa jeunesse et s’exprime dans les luttes,les slogans et les grèves(cf.Lip au féminin) .

C’est la revendication et l’affirmation que le Droit au travail pour les femmes et à l’égalité salariale ne sont pas pas des droits contingents. Ce sont les droits premiers, ceux qui leur ouvrent le chemin vers l’égalité,le respect,les conditions d’une réelle autonomie.Question toujours d’actualité! »


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A l’espace Diversités et Laïcité 39,  rue d’Aubuisson Henri DEl PUP nous a présenté la toute première partie d’une série qui se déroulera chaque mois. 

Migrants et migrations:

 Le thème retenu cette année se rapporte aux Migrations et aux Migrants, sujet d’actualité mais pas seulement. La France a été longtemps LE grand pays d’Europe où aboutissaient les flux humains qui traversaient le Vieux Monde. Déjà, au XIXe siècle, P. Larousse dans son célèbre Dictionnaire encyclopédique éprouve le besoin d’y consacrer un article.

 Pour autant, cette familiarité ne simplifie pas et ne facilite pas la connaissance du phénomène migration ni ceux qui y participe le migrant.

 Aussi, la 1ère séance : migrant, qui es-tu ? vise à clarifier les termes et à les contextualiser, sociologiquement et géographiquement, sous la forme d’un 1er état des lieux. Le Migrant est une figure aussi ancienne que l’Homme depuis que Sapiens sort d’Afrique.Les « politiques migratoires » remontent à la création des États. Mais l’ossification des frontières avec l’État-nation leur donne un relief particulier en systématisant des pratiques jusqu’alors conjoncturelles. En revanche, la perception du Migrant reste d’une grande stabilité. Il est l’Étranger, au mieux toléré, au pire bouc-émissaire des difficultés de la Communauté hôte.

 

                        1: Pourquoi migre-t-on ?

La migration dit le déplacement à travers des territoires de groupes et/ou d’individus sans esprit de retour. Le Migrant cherche un lieu où moins mal vivre. Sa terre le chasse. Il y fuit la misère ou la pauvreté, la guerre ou l’insécurité, l’oppression ou le mal-vivre. La difficulté tient au fait que le Migrant n’a pas conscience du caractère de sa fuite qu’il pense, le plus souvent temporaire. Il se sait un Étranger. Il aspire à un retour parmi les siens.

                        2 : Vers où migre-t-on ?

Le Migrant vise soit un territoire proche de chez lui et moins repoussant, soit un pays où il pense pouvoir refaire sa vie. Ces derniers pays prennent des allures de terre de tous les possibles comme les États-Unis et les Dominions pour les Européens jusqu’aux années 50, L’Europe de l’Ouest et l’Occident pour les Européens de l’Est et les voisins du Proche et Moyen Orient, les Sud- américains, etc. encore aujourd’hui. En raison des contraintes de distances, de différences culturelles et de coûts d’installation, le Migrant va plutôt à côté de chez lui qu’à l’autre bout de la terre.

                        3 : Quel accueil ?

 Le Migrant est perçu comme un Étranger. L’autochtone voit en lui, tantôt un inférieur auquel il assigne les emplois qu’il méprise et les lieux qu’il néglige, tantôt comme un concurrent plus ou moins dangereux. En fonction de la conjoncture économique, politique et sociale il sera plus ou moins bien toléré. Il se verra appliquer des législations plus ou moins libérales. D’une manière générale, une insécurité latente caractérise sa situation.

Prochaine séance le LUNDI 28/11 à 18H30

 

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Très bel après midi Dimanche 23 Octobre au « café du quai des savoirs »:  un nombreux public passionné par le thème « voix et musique » présenté par notre conférencier Jean Jacques CUBAYNES, a écouté, admiré, les grandes voix : Maria Callas, Placido Domingo, Luciano Pavarotti, et bien d’autres.

Et  le plaisir était au rendez vous. Nous avons ressenti combien la voix de celui qui chante, unique,  porteuse d’émotion, reste toujours un mystère pour les néophytes que nous sommes. 

Nous avons compris et appris, quel talent  mais aussi quel travail il faut, pour toucher à la perfection.

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Rendez vous au quai des savoirs au  » café du quai »  le dimanche 18/12 à 15H30:  » La Chine »: paysages géologiques et environnement par Joseph CANEROT.

 

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«  Mercredi 12 octobre rue d’Aubuisson Marie José LACROIX nous a parlé des risques psycho sociaux et du harcèlement dans le cadre du travail. Thème d’actualité, et chacun et chacune présents ont pu mesurer la place de ce fléau  au cours d’une vie.

La conférencière dont l’expérience est grande a su illustrer et expliquer pourquoi les résonances  sont  plus ou moins importantes pour nous. Et pouvant mener à la catastrophe personnelle.

Sociologie, psychologie, psychanalyse,  législation étaient au rendez-vous, avec une  ouverture  qui a suscité la participation de tous, et  une grande  richesse d’échanges ».

Rendez vous le Mercredi 30/11 pour la suite ..

 

 

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Jeudi 06/10/2016 José BRAGA a rassemblé un vaste public enthousiaste  pour  :

                                                                        « les premiers humains »

                                                Pour continuer le plaisir et l’intérêt allez dans  le site: www.kromdraai-origins.org

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                                                              Mercredi 05/10/2016, la conférence de Jean BARUTAUT :

                                                           « la musique sous toutes ses formes »

                                                                     l’ avis d’un ami de l’UPGT:

              « Ce soir une belle surprise: bien sûr pour les amateurs .. mais aussi pour les nuls! Merci Monsieur Barutaut, quelle belle séance!

I like.. Je reviendrai ».

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 Lundi 03/10/2016 : Première séance du cycle Féminisme avec Irène CORRADIN

Les rendez vous avec Irène Corradin sont toujours passionnants et vivants!

« Féminisme et syndicalisme au 19ème Siècle »

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Extrait : « Les syndicats à l’épreuve du féminisme , Syros, 1979 par M MARUANI »

« Dès 1848, et pour de nombreuses décennies, mouvement ouvrier et mouvements féministes se séparent et s’opposent: d’un côté, un syndicalisme misogyne, largement influencé par les thèses de PROUDHON; de l’autre, un féminisme réformiste, intellectuel et bourgeois – bourgeois par l’origine de ses militantes, mais aussi et surtout par les problèmes qu’il tente de résoudre qui sont en général ceux de la moyenne et petite bourgeoisie. Le mouvement féministe ne touche pratiquement pas les ouvrières, et encore moins les paysannes.

Mais la seconde moitié du 19ème Siècle voit une augmentation très importante des effectifs féminins dans le « tertiaire » ( entre 1866 et 1906 le nombre de femmes travaillant dans ce secteur est multiplié par quatre). Et c’est essentiellement parmi elles que se recrutent les féministes. Bien que non ouvrières ces femmes sont donc des travailleuses, et elles vont ainsi poser au mouvement syndical les problèmes du travail et de la syndicalisation des femmes. A la fin du 19ème siècle, leurs rapports avec les syndicats seront en général extrêmement conflictuels: les féministes se battent désormais sur le même terrain que les syndicats  ( le travail salarié), mais en défendant une catégorie de travailleurs rejetée depuis longtemps par les organisations syndicales ( les femmes), et avec des objectifs souvent très différents ( beaucoup plus réformistes que révolutionnaires) . Certaines opteront même pour la création de syndicats féminins à côté des organisations syndicales. C’est donc aussi parce qu’ils voulaient s’opposer aux mouvements féministes, concurrents potentiels pour l’organisation des travailleuses, que les syndicats ont ouvert leurs portes aux femmes. On voit bien qu’il ne s’agit pas là de convergence, encore moins d’alliance, mais d’influence par répulsion : les féministes ont  » contraint les syndicats à lutter contre leur influence en reprenant leurs propres armes » dit très justement Marie Hélène Zylberberg-Hocquart dans son livre sur les rapports du féminisme et syndicalisme avant 1914″.

Rendez vous avec Irène CORRADIN pour le plaisir de la suite: « Féminisme et syndicalisme au 20ème siècle »

Le LUNDI 07/11 rue d’Aubuisson espace diversités et Laïcité  à 18H30 . Métro Jean Jaurès.

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Samedi 24 septembre pour notre premier partenariat  avec le  » quai des savoirs » et dans le cadre du salon du champignon, au « café du quai » ,  Jean Paul CHAUMETON Docteur en pharmacie, Docteur en sciences ( mycologie) et Hervé GRYTA Maître de conférences à l’Université Paul Sabatier, ont su capter notre attention en nous parlant de leurs  recherches.

En effet la biodiversité, justement dans l’air du temps, incontournable dans les concepts environnementaux et l’évaluation des impacts des activités humaines, a toujours été difficile à mettre en évidence chez les champignons. Ce sont pourtant des maillons essentiels des équilibres naturels. Ils représentent le règne du vivant le plus prolifique après les animaux et sont encore loin d’être tous répertoriés. Grâce aux méthodes modernes de biologie moléculaire une évaluation plus complète et plus sûre de ces organismes est possible. Les recherches menées sur les paxilles ( qui sont des champignons disons d’aspect  » classique » avec un pied et un chapeau) par Patricia JARGEAT, Henri GRYTA, Jean Paul CHAUMETON et leurs collaborateurs au sein du Laboratoire EDB ( Ecologie et Diversité Biologique ) représentent un bon exemple de cette évolution.

Rendez vous le Dimanche 23 Octobre  à 15H 30    au  » café du quai »  pour un tout autre sujet non moins passionnant: Voix et musique par Jean Jacques CUBAYNES, artiste lyrique, directeur artistique.